Souvenir

1993
Vacances dans l'Isère.

Plus jeune, je passais souvent une partie de mon été dans un village de l'Isère appelé Mens. C'est là qu'habitait ma grand-mère italienne, dans une belle maison avec un jardin en pente, une balançoire artisanale, des caves qui sentent le vieux livre et le meilleur parmesan du monde.

Nous passions la plupart de nos journées au Lac de Laffrey qui se situait à plus d'une demi-heure en voiture (et en virages) de la maison. En chemin, nous passions donc systématiquement sur le pont de Ponsonnas traversant de ce fait un gouffre de plus de 100 mètres. C'était toujours un grand moment lorsqu'on l'abordait, je le guettais de loin et je me trémoussais pour mieux le voir lorsqu'on s'en approchait. Je ne compte plus les fois où l'on s'est arrêté un peu avant ou un peu après pour regarder avec admiration les gens s'élancer dans le vide puis rebondir, les pieds ficelés à un élastique. Et à chaque fois, je trouvais ça magique. D'autant plus que, comme mon grand frère, je ne pouvais m'approcher à moins d'un mètre de la barrière lorsque j'avais les pieds sur le dit pont.

Cette photo à été prise lors d'un de ces nombreux arrêt. Je me rappelle avoir attendu près de notre nevada break blanche de l'époque, sur le bord de la route à pied de falaise, que la personne se prépare pour sauter. Si l'on regarde la photo de plus près, il y a bel et bien quelqu'un qui vient de sauter mais dans ma recherche frétillante de capturer l'oiseau en plein vol, je n'avais pas du bien calculée un autre détail : une petite fille de six ans n'est pas forcément beaucoup plus grande qu'une barrière de sécurité.

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Il a de la gueule quand même, non ?
(Photos : Panzanio)