MartiensDe Frederic Brown 
Roman Fantastique (1954)

"Enfermé dans une cabane en plein désert, Luke Devereaux, auteur de science-fiction en mal d'invention, invoque désespérément sa muse - de toute évidence retenue ailleurs - quand soudain... on frappe à la porte. Et un petit homme vert, goguenard, apostrophe Luke d'un désinvolte " Salut Toto ! ".
Un milliard de Martiens, hâbleurs, exaspérants, mal embouchés, d'une familiarité répugnante, révélant tous les secrets, clamant partout la vérité, viennent d'envahir la Terre. Mais comment s'en débarrasser ?" (Résumé)


1. Citations

"Autant qu'on put le déterminer, ils étaient tous apparus partout exactement au même instant. [...] 7h14 à Moscou, l'heure d'aller travailler (et le fait que beaucoup aient quand même rempli ce devoir parle en faveur du courage de la population; à moins qu'ils n'eussent craint davantage le Kremlin que les Martiens)." (37)

"La première solution, feindre de croire qu'ils [les extraterrestres] ne sont pas là, est une forme de rejet de la réalité qui peut mener droit à la schizophrénie et la paranoïa. La seconde [leur accorder trop d'importance], elle, est capable d'engendrer aussi bien la dépression nerveuse que la crise d'apoplexie." (92)

"Mais le pire de tout, c'était la mort de la propagande, même sur le plan national. Les faits, les chiffres, dans les journaux comme dans les discours, devaient être exacts. Les Martiens se faisaient un plaisir de souligner à grand renfort de publicité le plus léger coup de pouce donné à la réalité.
Je vous le demande un peu, comment voulez-vous mener la barque d'un gouvernement dans de telles conditions ?" (102)

"Sa journée de travail était finie, mais il lui répugnait de faire le geste de se lever. Ou peut-être était-il trop fatigué, de cette lassitude née de deux sentiments combinés : conscience de votre responsabilité en même temps que de votre incapacité. Il portait le poids de la défaite." (105)

"HUE   COCOTTE   HUE   COCOTTE   HUE COCOTTE HUE COCOTTE HUE COCOTTE VAS-Y HUE VAS-Y COCOTTE VAS-Y COCOTTE HUE VAS-Y HUE COCOTTE VAS-Y DANS LE PAYS DE COCOTTE VAS-Y HUE.
- On dirait un télégramme envoyé par Zorro à son cheval, ajouta-t-il." (123)

"C'est une forme courante de paranoïa. Sans parler de la philosophie du solipsisme : le soi est la seule réalité et le monde qui vous entoure n'est qu'apparence." (148)

"N'importe quel pouvoir était à la merci de la première révolution venue. Il se trouvait simplement que même les révolutionnaires les plus fanatiques ne voulaient pas du pouvoir. Harassé, hébété, harcelé, horrifié, le citoyen moyen de chaque pays considérait d'un œil halluciné et hagard le hideux futur qui l'hypnotisait, et hoquetait de honte en pensant qu'aux heures heureuses dont le souvenir le hantait, il avait pu trouver des motifs de hargne dans la maladie et les impôts et juger que la bombe à hydrogène était la fin des haricots." (185)