ConstatAccidentDe Paul Auster
Essai (2003)

"Cette suite de courts récits, articles, préfaces, réunis par Paul Auster sur le mode d'un précédent recueil intitulé Le Diable par la queue, semble d'abord un reflet de son univers romanesque. Mais peu à peu, après l'évocation de l'enfance, du hasard, de l'amitié, de la littérature et de la poésie, la fiction et la mémoire s'éloignent et ce livre prend l'aspect d'une chronique d'inquiétude : les mots d'un romancier que les terribles événements du 11 septembre auraient ramené vers les angoisses du passé.
Paul Auster, qui fut considéré par la critique comme le plus français des écrivains américains, dit ici son appartenance, ses utopies, ses réticences face à la politique de G. W. Bush, mais aussi sa confiance et son respect pour l’humanité." (Mot de l'éditeur & Résumé)


1. Citations

"Un homme ne vit pas dans une caisse en carton parce que tel est son choix. Il peut avoir le cerveau malade, il peut être dépendant de la drogue, ce peut-être un alcoolique, mais il ne se trouve pas dans une caisse à cause de ces problèmes. J'ai connu des quantités de fous dans ma vie et beaucoup d'entre eux vivaient dans de belles maisons. Montrez-moi où il est écrit qu'un alcoolique est condamné à dormir sur le trottoir."

"Il ne faut pas beaucoup d'imagination pour se représenter les différents malheurs qui pourraient nous arriver. Tout Homme vit avec l'idée de sa destruction et même l'individu le plus heureux et le mieux établi a dans son cerveau un coin sombre où se déroulent sans cesse des scénarios catastrophes. Vous imaginez que votre maison brûle. Vous imaginez que vous perdez votre emploi. Vous imaginez que quelqu'un qui dépend de vous tombe malade et que les frais médicaux absorberont toutes vos économies à la suite d'un investissement malheureux ou d'un coup de dès malchanceux."

"Mais Spiegelman veut s'inquiéter. C'est son boulot. Il a adopté l'inquiétude comme sa vocation et il se tracasse au sujet de chaque injustice qu'il perçoit dans le monde, vitupère avec assiduité les folies et stupidités des gens en place et refusent de prendre les choses comme elles viennent." "L'art de l'inquiétude".

"L'extérieur d'un magazine est [...] l'habit qu'il porte pour se montrer en public."